Comment est valorisé un véhicule hors d’usage ? Réemploi, recyclage et valorisation
Lorsqu’une voiture arrive en fin de vie, elle ne devient pas automatiquement un déchet sans valeur. Même accidenté, non roulant ou destiné à la destruction, un véhicule hors d’usage (VHU) contient encore de nombreuses pièces, métaux et matériaux susceptibles de connaître une seconde vie.
La valorisation d’un VHU consiste précisément à exploiter au mieux ce potentiel. Certaines pièces peuvent être réemployées, certains matériaux sont recyclés et d’autres fractions peuvent faire l’objet d’une autre forme de valorisation.

À retenir
- La valorisation d’un VHU ne se résume pas au recyclage de sa carrosserie.
- Le réemploi des pièces est privilégié lorsque leur état le permet.
- Les matériaux qui ne peuvent pas être réemployés peuvent être recyclés.
- La valorisation englobe le réemploi, le recyclage et certaines autres formes de récupération de valeur.
- Les voitures particulières et camionnettes sont soumises à des objectifs élevés de réutilisation, recyclage et valorisation.
- Les matières non valorisables constituent la fraction résiduelle qui doit être orientée vers une filière d’élimination appropriée.
Que signifie « valoriser » un véhicule hors d’usage ?
Dans le langage courant, on associe souvent la valorisation d’une voiture au fait de récupérer son métal. La réalité est beaucoup plus large.
Valoriser un VHU consiste à éviter autant que possible que ses composants deviennent des déchets destinés à l’élimination.
La filière cherche donc, dans un ordre logique, à :
- préserver les pièces qui peuvent encore être utilisées ;
- récupérer les matériaux pouvant être recyclés ;
- orienter certaines fractions vers d’autres formes de valorisation lorsqu’un recyclage matière n’est pas possible ;
- n’éliminer que ce qui ne peut raisonnablement plus être valorisé.
Une logique d’économie circulaire
La filière VHU actuelle encourage explicitement le développement du démontage des pièces en vue de leur réutilisation, puis le recyclage des éléments qui ne peuvent pas être réemployés.
Autrement dit, une pièce pouvant continuer à remplir sa fonction présente généralement davantage d’intérêt lorsqu’elle est conservée comme pièce que lorsqu’elle est immédiatement détruite pour récupérer uniquement la matière qui la compose.
Réemploi, recyclage, valorisation : quelles différences ?
Ces termes sont souvent utilisés comme s’ils signifiaient la même chose. Ils correspondent pourtant à des opérations différentes.
| Opération | Principe | Exemple automobile |
|---|---|---|
| Réemploi / réutilisation | Conserver une pièce ou un composant afin qu’il puisse être utilisé de nouveau. | Un alternateur fonctionnel démonté, contrôlé puis destiné à équiper un autre véhicule. |
| Recyclage | Transformer une matière issue du VHU afin de produire une nouvelle matière première. | L’acier de la carcasse est séparé puis refondu. |
| Valorisation matière | Récupérer la valeur matérielle d’un déchet par une opération adaptée. | Récupération de métaux issus du broyage. |
| Valorisation énergétique | Utiliser certains déchets pour produire de l’énergie lorsqu’une valorisation matière adaptée n’est pas possible. | Certaines fractions combustibles résiduelles peuvent rejoindre une installation autorisée. |
| Élimination | Traiter les fractions qui ne peuvent pas être réemployées, recyclées ou valorisées. | Résidus ultimes dirigés vers une installation autorisée. |
Le recyclage n’est donc qu’une partie de la valorisation
Une voiture peut être fortement valorisée sans que 100 % de ses composants soient matériellement recyclés. La valorisation englobe plusieurs solutions, dont le réemploi des pièces, le recyclage des matières et, pour certaines fractions, d’autres opérations de valorisation.
La première valeur d’un VHU : les pièces pouvant être réemployées
Avant de considérer une voiture uniquement comme un assemblage de matières premières, le centre VHU recherche les composants qui peuvent encore présenter un intérêt pour le réemploi automobile.
Une voiture peut être irréparable dans son ensemble alors que de nombreuses pièces restent parfaitement fonctionnelles.
Selon le modèle, l’état du véhicule et les contrôles réalisés, il peut notamment s’agir :
- d’un moteur ou de certains de ses périphériques ;
- d’une boîte de vitesses ;
- d’un alternateur ;
- d’un démarreur ;
- de certains calculateurs électroniques ;
- d’optiques avant ou arrière ;
- de rétroviseurs ;
- de portières ;
- d’un capot ou d’un hayon ;
- de certaines pièces de carrosserie ;
- de jantes ;
- d’équipements intérieurs ;
- de différents organes mécaniques ou électriques.
Ces pièces sont démontées avant que la carcasse ne soit envoyée au broyage.
Conseil de l’expert
Un véhicule très accidenté n’est pas nécessairement dépourvu de pièces intéressantes. Un choc avant peut par exemple détruire le moteur et la structure avant alors que certaines pièces arrière, intérieures ou électroniques restent intactes. L’évaluation se fait donc composant par composant.
Pourquoi le réemploi est-il privilégié lorsqu’il est possible ?
Réutiliser une pièce permet de conserver une grande partie de la valeur déjà créée lors de sa fabrication.
Si une pièce fonctionnelle est immédiatement fondue ou broyée, il faudra ensuite consommer de nouvelles matières et de l’énergie pour fabriquer un composant de remplacement.
Le réemploi peut donc contribuer à :
- allonger la durée d’utilisation des pièces automobiles ;
- réduire la quantité de déchets ;
- limiter la demande de certaines matières premières ;
- développer le marché des pièces issues de l’économie circulaire ;
- proposer des solutions de réparation potentiellement moins coûteuses.
Un objectif de réutilisation des pièces renforcé en 2026
objectif minimal de réutilisation et recyclage
objectif minimal de réutilisation et valorisation
objectif de réutilisation des pièces en 2026
objectif de réutilisation des pièces prévu en 2028
Pour les voitures particulières et camionnettes, la réglementation de la filière fixe un objectif minimal de 85 % de réutilisation et recyclage de la masse des VHU traités et de 95 % de réutilisation et valorisation.
Le développement du réemploi fait également l’objet d’objectifs spécifiques : le taux minimal de pièces préparées en vue de leur réutilisation est fixé à 10 % en 2026, avec une progression prévue à 16 % en 2028.
Ce que montrent ces objectifs
La réglementation ne cherche plus seulement à récupérer le métal contenu dans les carcasses. Elle encourage également les centres VHU et les acteurs de la filière à identifier et démonter davantage de pièces susceptibles d’être réemployées.
La deuxième valeur d’un VHU : les métaux
Lorsque les pièces destinées au réemploi ont été retirées et le véhicule dépollué, la carcasse conserve une valeur matérielle importante.
Les véhicules contiennent plusieurs familles de métaux récupérables.
L’acier
L’acier constitue une part majeure de nombreux véhicules, notamment au niveau de la caisse, du châssis, des renforts et de différentes pièces mécaniques.
Après broyage, les métaux ferreux peuvent être séparés grâce à leurs propriétés magnétiques puis dirigés vers les industries métallurgiques.
L’acier récupéré peut être refondu et entrer dans la fabrication de nouveaux produits.
L’aluminium
L’aluminium est utilisé dans de nombreux composants :
- blocs moteur ;
- boîtes de vitesses ;
- jantes ;
- éléments de structure ;
- capots ou panneaux de carrosserie sur certains véhicules ;
- échangeurs thermiques.
Il est séparé des métaux ferreux puis orienté vers des procédés adaptés permettant sa transformation en matière secondaire.
Le cuivre
L’électrification croissante des véhicules renforce l’intérêt du cuivre.
On le retrouve notamment dans :
- les faisceaux électriques ;
- les moteurs électriques ;
- les alternateurs ;
- les démarreurs ;
- certains calculateurs ;
- les systèmes de charge des véhicules électriques.
Les autres métaux
Selon le véhicule, le traitement peut également permettre de récupérer des alliages et différents métaux présents dans les équipements mécaniques, électroniques ou dans les dispositifs de dépollution.
Une matière peut vivre plusieurs cycles
- La voiture est démontée.
- La carcasse est broyée.
- Les métaux sont séparés.
- Ils sont préparés puis refondus.
- La matière obtenue peut servir à fabriquer de nouveaux produits.
La troisième valeur : les catalyseurs et certains composants techniques
Le catalyseur est un exemple intéressant de composant dont la valeur ne provient pas uniquement de sa fonction automobile.
Certains systèmes de dépollution contiennent des métaux particulièrement recherchés qui peuvent être récupérés grâce à des procédés spécialisés.
Le démontage séparé de ces composants permet d’éviter qu’ils soient perdus ou dilués dans les fractions issues du broyage général.
Comment sont valorisés les plastiques automobiles ?
Les plastiques représentent un enjeu plus complexe que les métaux.
Une voiture peut contenir de nombreuses familles de polymères utilisées dans :
- les pare-chocs ;
- le tableau de bord ;
- les garnitures intérieures ;
- les passages de roue ;
- certains réservoirs ;
- les protections sous caisse ;
- les connecteurs électriques ;
- les équipements du compartiment moteur.
Leur recyclage dépend de leur composition, de leur niveau de contamination et de la possibilité de les séparer des autres matériaux.
Lorsque cela est techniquement possible, les plastiques peuvent être :
- identifiés ;
- séparés ;
- broyés ;
- nettoyés ;
- transformés en matière recyclée ;
- réintroduits dans de nouvelles fabrications.
Plastiques : un objectif spécifique en 2026
La filière fixe pour 2026 un objectif de valorisation matière de 65 % pour certaines quantités de plastiques, notamment le polypropylène et le polyéthylène, issues du traitement des voitures particulières et camionnettes.
Comment le verre automobile est-il valorisé ?
Les véhicules contiennent plusieurs types de vitrages dont le traitement n’est pas toujours identique.
Le pare-brise est notamment constitué de verre feuilleté avec une couche intermédiaire destinée à retenir les fragments lors d’un choc.
Cette structure rend son recyclage plus complexe qu’un simple verre d’emballage.
Selon les procédés disponibles, la valorisation peut nécessiter :
- le démontage du vitrage ;
- le broyage ;
- la séparation du verre et des films intermédiaires ;
- le nettoyage de la matière ;
- son orientation vers une nouvelle application.
Le verre fait également l’objet d’un objectif
Pour les voitures particulières et camionnettes, l’objectif de valorisation matière du verre issu du traitement des VHU est fixé à 50 % en 2026, avec une progression prévue à 65 % en 2028.
Que deviennent les pneus d’un véhicule hors d’usage ?
Les pneumatiques sont retirés avant le traitement final de la carcasse.
Ils peuvent suivre plusieurs voies selon leur état.
| État du pneu | Valorisation possible |
|---|---|
| Encore utilisable | Réemploi lorsque les conditions techniques et réglementaires le permettent. |
| Adapté à une nouvelle préparation | Traitement spécifique selon son état et sa structure. |
| Non réutilisable | Transformation en granulats ou récupération de matières. |
| Certaines fractions | Valorisation dans des usages industriels autorisés. |
Un pneu est lui-même constitué de plusieurs matières : caoutchouc, acier, fibres textiles et différents additifs.
Le traitement vise donc également à séparer ou exploiter ces différentes fractions.
Que deviennent les batteries au plomb ?
La batterie de démarrage classique est retirée lors de la dépollution du véhicule.
Elle ne doit pas rejoindre le broyeur avec la carcasse.
Elle est orientée vers une filière spécifique permettant notamment de récupérer des matériaux qui pourront être réintroduits dans de nouveaux cycles de production.
Son retrait présente également un enjeu de sécurité en raison de l’électrolyte et du risque de court-circuit.
Et la batterie d’un véhicule électrique ?
Avec les voitures électriques et hybrides, la valeur potentielle du véhicule en fin de vie évolue fortement.
Une batterie de traction contient plusieurs matériaux présentant un intérêt stratégique et économique. Mais sa valorisation est beaucoup plus complexe que celle d’une batterie de démarrage classique.
La première question n’est d’ailleurs pas toujours : « comment la recycler ? » mais plutôt : peut-elle encore être utilisée ?
Diagnostic
La batterie peut être analysée afin d’évaluer son état, sa sécurité et ses performances restantes.
Réparation
Certains défauts peuvent, selon la technologie et l’état de la batterie, permettre une intervention ou un remplacement de composants.
Seconde utilisation
Une batterie qui ne répond plus aux exigences automobiles peut, dans certains cas et après évaluation, présenter un potentiel pour une autre utilisation.
Recyclage
Lorsqu’elle ne peut plus être utilisée, elle rejoint une filière spécialisée visant notamment à récupérer certaines matières.
Une batterie haute tension n’est jamais une pièce ordinaire
La valorisation ne doit jamais primer sur la sécurité. Une batterie endommagée, immergée ou ayant subi un choc important peut présenter des risques électriques et thermiques. Son diagnostic, son stockage et son transport nécessitent des procédures adaptées.
Que deviennent les huiles et autres fluides ?
Les fluides retirés lors de la dépollution ne présentent pas tous le même potentiel de valorisation.
Ils doivent d’abord être collectés séparément afin d’éviter les mélanges et contaminations.
| Fluide | Traitement |
|---|---|
| Huile moteur usagée | Collecte séparée puis filière de régénération ou de traitement adaptée. |
| Huile de transmission | Collecte avec les déchets d’huiles selon les conditions applicables. |
| Carburant | Récupération sécurisée puis orientation selon sa qualité et les filières disponibles. |
| Liquide de refroidissement | Traitement dans une filière spécialisée. |
| Liquide de frein | Collecte et traitement comme déchet adapté à sa nature. |
| Fluide frigorigène | Récupération à l’aide d’un matériel adapté avant traitement ou régénération selon le fluide. |
Comment valorise-t-on la carcasse restante ?
Après la dépollution et le démontage des pièces présentant un intérêt, la carcasse conserve encore une quantité importante de matières.
Elle est transmise à une installation de broyage autorisée.
Le broyage fragmente la structure et permet ensuite de séparer différentes fractions.
De la carcasse aux matières secondaires
Carcasse dépolluée → broyage → séparation des métaux ferreux → séparation des métaux non ferreux → tri des fractions restantes → recyclage ou autre valorisation.
Comment les métaux sont-ils séparés après broyage ?
Les installations modernes combinent plusieurs technologies.
Séparation magnétique
Les aimants permettent d’extraire les métaux ferreux tels que l’acier.
Courants de Foucault
Ils permettent notamment de séparer certains métaux non ferreux des autres matériaux.
Tri par densité
Les différences de masse volumique peuvent être utilisées pour séparer plusieurs catégories de fragments.
Tri granulométrique
Les matériaux peuvent également être classés selon leur taille.
Tri complémentaire
Selon les installations, différentes technologies optiques, mécaniques ou manuelles complètent la séparation.
Que devient le résidu de broyage ?
Même après plusieurs opérations de séparation, tout le véhicule ne peut pas forcément être transformé en matière recyclable.
Il subsiste une fraction complexe pouvant contenir :
- des plastiques mélangés ;
- des mousses ;
- des textiles ;
- du caoutchouc ;
- des poussières ;
- de petits fragments métalliques ;
- des matériaux composites.
Des traitements complémentaires peuvent permettre de récupérer encore certaines matières.
Lorsqu’une fraction ne peut pas être recyclée mais possède des caractéristiques permettant une valorisation autorisée, une autre solution peut être retenue. Les déchets ultimes doivent, eux, être éliminés dans les installations prévues à cet effet.
Pourquoi ne peut-on pas atteindre 100 % de recyclage ?
Une voiture moderne est un assemblage particulièrement complexe.
Certains composants combinent plusieurs matériaux très difficiles à dissocier :
- plastique et métal ;
- verre et film polymère ;
- mousse et textile ;
- résines et fibres ;
- colles et différents matériaux composites.
La pollution, l’usure ou la dégradation liée à un accident peuvent également rendre certaines matières plus difficiles à récupérer.
C’est pourquoi il existe une différence importante entre le taux de recyclage et le taux global de valorisation.
85 % recyclés et 95 % valorisés : comment comprendre ces chiffres ?
Exemple simplifié
Pour 1 000 kg de véhicule traité, un objectif de 85 % de réutilisation et recyclage correspond à 850 kg devant être réutilisés ou recyclés.
Un objectif de 95 % de réutilisation et valorisation correspond à 950 kg pouvant être réutilisés, recyclés ou orientés vers d’autres opérations de valorisation autorisées.
Ces valeurs sont des objectifs réglementaires exprimés en masse pour la filière : elles ne signifient pas que chaque voiture individuelle sera exactement recyclée ou valorisée dans ces proportions.
Quelles performances la filière française atteint-elle réellement ?
Les dernières données consolidées ADEME disponibles pour 2022 indiquaient un taux de réutilisation et de recyclage de 88,3 % et un taux de réutilisation et de valorisation de 95,6 %.
Ces chiffres montrent qu’une très grande partie de la masse des véhicules traités peut effectivement éviter l’élimination finale.
Ils montrent également pourquoi les performances doivent être analysées avec précision : le taux de valorisation est supérieur au taux de recyclage parce qu’il englobe davantage de modes de traitement.
La valeur économique et la valeur environnementale sont-elles toujours les mêmes ?
Pas nécessairement.
Une pièce peut avoir une faible valeur de revente tout en présentant un intérêt environnemental réel si son réemploi évite sa destruction et la fabrication immédiate d’une pièce neuve.
À l’inverse, certains composants peuvent présenter une forte valeur économique en raison des métaux qu’ils contiennent.
| Élément | Valeur recherchée | Voie privilégiée |
|---|---|---|
| Pièce fonctionnelle | Conserver sa fonction | Réemploi |
| Acier | Matière métallique | Recyclage |
| Aluminium | Matière métallique | Recyclage |
| Cuivre | Métal conducteur | Recyclage |
| Catalyseur | Métaux spécifiques | Traitement spécialisé |
| Batterie électrique | Usage résiduel ou matières | Diagnostic, réemploi possible ou recyclage |
| Plastique triable | Matière polymère | Recyclage matière |
| Fraction non recyclable mais valorisable | Potentiel restant | Autre valorisation autorisée |
| Résidu ultime | Aucune valorisation adaptée | Élimination |
Pourquoi le démontage devient-il une étape stratégique ?
Pendant longtemps, la valeur économique d’une épave était principalement associée aux métaux.
L’évolution de la filière encourage aujourd’hui davantage le démontage préalable.
Cette stratégie présente deux intérêts majeurs.
Récupérer les pièces avant leur destruction
Une pièce fonctionnelle envoyée au broyeur perd immédiatement sa valeur d’usage. Le démontage permet de préserver cette valeur.
Faciliter le recyclage des matières
Retirer séparément certains composants avant broyage peut également améliorer la qualité du tri et éviter la dispersion de matériaux présentant un intérêt particulier.
Prochain dossier expert
Le démontage des pièces réemployables mérite un article à lui seul. Nous y verrons comment les centres sélectionnent les pièces, quelles vérifications peuvent être réalisées, comment elles sont identifiées et pourquoi certains composants ne peuvent pas être vendus librement.
La traçabilité joue-t-elle un rôle dans la valorisation ?
Oui. La valorisation ne consiste pas simplement à affirmer qu’une pièce ou un matériau a été recyclé.
Les acteurs de la filière doivent disposer de données permettant de suivre :
- les véhicules reçus ;
- les pièces préparées pour la réutilisation ;
- les matériaux retirés ;
- les déchets produits ;
- les carcasses envoyées au broyage ;
- les différentes destinations de traitement.
Ces informations permettent notamment de calculer les performances de la filière et de vérifier l’atteinte des objectifs réglementaires.
Mesurer pour pouvoir valoriser
Le cahier des charges de la filière prévoit la transmission d’informations par les centres VHU et les broyeurs afin de justifier l’atteinte des objectifs de réutilisation, recyclage et valorisation.
Valorisation d’un VHU : les principaux flux en un coup d’œil
Pièces automobiles
Préparation au réemploi lorsqu’elles restent adaptées à une nouvelle utilisation.
Métaux ferreux
Tri puis recyclage dans les filières métallurgiques.
Métaux non ferreux
Aluminium, cuivre et différents alliages sont séparés et valorisés.
Plastiques
Recyclage matière lorsque leur nature et leur qualité le permettent.
Batteries
Collecte séparée, diagnostic éventuel puis filière spécialisée.
Pneumatiques
Réemploi possible ou orientation vers des filières de valorisation dédiées.
Pourquoi une épave doit-elle rejoindre une filière VHU conforme ?
Une valorisation performante suppose que le véhicule soit correctement pris en charge dès le départ.
Une voiture abandonnée ou démontée dans une filière informelle risque au contraire :
- de perdre ses huiles et fluides dans l’environnement ;
- d’être démontée sans traçabilité ;
- de voir ses pièces revendues sans contrôle adapté ;
- de ne pas bénéficier d’un tri efficace des matériaux ;
- de finir partiellement abandonnée après récupération des éléments les plus rentables.
La filière réglementée vise donc à concilier récupération de valeur, sécurité, traçabilité et protection de l’environnement.
Une épave n’est pas simplement un stock de pièces
Le fait qu’un véhicule contienne des composants ayant une valeur ne signifie pas qu’il peut être démonté et abandonné après récupération des éléments intéressants. Les fluides, déchets et carcasses restantes doivent eux aussi être pris en charge par des filières adaptées.
Questions fréquentes sur la valorisation des VHU
Quelle différence existe-t-il entre recyclage et valorisation d’une voiture ?
Le recyclage transforme les matières du véhicule afin qu’elles puissent être réutilisées comme matières premières. La valorisation est une notion plus large qui englobe notamment le réemploi, le recyclage et certaines autres opérations permettant d’éviter l’élimination du déchet.
Une épave a-t-elle encore de la valeur ?
Oui. Une voiture destinée à la destruction peut encore contenir des pièces réemployables ainsi que de nombreux métaux et matériaux recyclables.
Quelles pièces peuvent être récupérées sur un VHU ?
Selon leur état, certaines pièces mécaniques, électriques, électroniques, de carrosserie ou d’équipement peuvent présenter un potentiel de réemploi. Leur sélection dépend du véhicule et des contrôles réalisés.
Que devient la carrosserie d’une voiture ?
Après dépollution et démontage, la carcasse est généralement broyée. Les métaux ferreux, non ferreux et différentes fractions sont ensuite séparés pour être orientés vers leurs filières de traitement.
Quel pourcentage d’une voiture doit être valorisé ?
Pour les voitures particulières et camionnettes, la filière vise au minimum 85 % de réutilisation et recyclage et 95 % de réutilisation et valorisation de la masse des VHU traités.
Pourquoi le taux de valorisation est-il supérieur au taux de recyclage ?
Parce que la valorisation englobe davantage d’opérations que le recyclage matière seul. Elle peut notamment inclure la préparation à la réutilisation et d’autres formes de valorisation autorisées.
Une batterie électrique est-elle forcément recyclée ?
Pas nécessairement immédiatement. Son état doit d’abord être évalué. Selon sa technologie, son état de santé et sa sécurité, différentes solutions peuvent être envisagées avant le recyclage final.
Les plastiques d’une voiture sont-ils tous recyclés ?
Non. Les véhicules utilisent de nombreux polymères et matériaux composites. Leur recyclabilité dépend notamment de la possibilité de les identifier, de les séparer et d’obtenir une matière suffisamment propre.
Les pièces d’occasion issues d’un VHU sont-elles importantes pour la filière ?
Oui. Le développement de leur réutilisation fait désormais partie des objectifs de la filière automobile, avec des objectifs spécifiques qui augmentent progressivement.
Pour résumer : un VHU peut connaître plusieurs secondes vies
La valorisation d’un véhicule hors d’usage ne se résume pas à transformer une voiture en ferraille.
La première forme de valorisation consiste à préserver les pièces qui peuvent encore être utilisées. Viennent ensuite le recyclage de l’acier, de l’aluminium, du cuivre, des plastiques et des autres matériaux, puis les autres modes de valorisation adaptés aux fractions qui ne peuvent être recyclées.
Cette organisation permet de conserver autant que possible la valeur déjà présente dans le véhicule et de limiter la quantité de déchets destinée à l’élimination.
L’évolution actuelle de la filière renforce encore cette logique : les objectifs de réemploi des pièces augmentent, le recyclage de certains matériaux comme les plastiques et le verre fait l’objet d’objectifs spécifiques et la traçabilité permet de mesurer les performances réellement obtenues.
Une voiture arrivée en fin de vie constitue donc moins une « épave sans valeur » qu’un ensemble complexe de pièces, métaux et matériaux susceptibles d’entrer dans de nouveaux cycles d’utilisation.
Un véhicule hors d’usage à faire enlever en Seine-et-Marne ?
AD Dépannage 77 intervient pour la prise en charge des véhicules accidentés, non roulants ou destinés à la destruction et leur orientation vers la filière VHU adaptée.
07 76 09 27 78
Intervention en Seine-et-Marne (77) – service gratuit selon les conditions d’éligibilité du véhicule et de l’intervention.
